Quoi de plus poétique que cet infini manteau blanc qui recouvre nos paysages, en ville comme à la campagne, étendues de neige emblématiques de l'hiver, tout autant qu'elles annoncent la venue prochaine du printemps ?

"Limite-toi à la Poésie; Ne perds pas ton temps en propos futiles. Si la conversation s'égare, somnole pour économiser ta force créatrice."

- Matsuo Bashô (un des quatre maîtres classiques du haïku japonais).

Pour ce sujet, nous vous proposons de vous inspirer de la neige, de la forme fascinantes des flocons, des étendues blanches qui éclairent même la nuit, des boules de neiges lancées par les enfants, des sons étouffés lorsque tout est enneigé, du calme et de la sérénité qui s'emparent de nous lorsque nous contemplons ces paysages recouverts d'un blanc infini.

Le but est de créer quelques haïkus autour de la neige, de l'hiver, de la paix que cela peut induire en chacun de nous.

Qu'est-ce que le Haïku ?

Les Haïkus sont des poèmes très courts qui se sont développés au Japon à partir du XVIIème siècle. Inspirés de l'observation d'un détail, ils sont souvent en relation avec la nature et les saisons. Les Occidentaux les ont adoptés et écrire des Haïkus est devenu un plaisir pour un très grand nombre de personnes.

Ces poèmes sont souvent concrets, contiennent peu de métaphores. Ce sont des images, des flashs sensoriels, sans rime. Ils comptent 17 syllabes, généralement répartis comme suit : Une ligne de 5 syllabes, puis une de 7, puis une de 5. 

Capturer l'Instant.

Cette forme de poésie s'écarte complètement de la poésie occidentale, toute empreinte d'interprétations ou de domination. Le poète doit s'effacer complètement derrière la lumière du réel. C'est une simple représentation, sans interprétation, sans métaphore, sans jugement, de la perfection d'un instant. Une perle de rosée, la quintessence d'une méditation heureuse, d'un sentiment d'union intime avec le monde.

- C'est un Instant où, tout en oubliant qui je suis, je suis plus moi-même qu'à aucun autre moment.

- C'est un Instant où, tout en étant absolument seul-e, je me sens instantanément relié-e aux autres.

- C'est un Instant où, tout en n'ayant aucune révélation ni aucune compréhension supplémentaire, j'ai l'impression que tout a du sens.

La contrainte de la forme poétique courte.

L'obligation de triturer les quelques malheureux mots qui vous font envie, les déplacer, supprimer les articles, choisir des termes plus imagés et compter laborieusement les syllabes à chacune des trois lignes... C'est en fait jouer avec la langue, avec les mots. C'est chercher le plus juste et le plus bref dans vos formulations.

Proposition de méthode.

- Les notions de rimes et de vers, les règles et les contraintes de la poésie classique ne sont pas de mise dans ce vaste espace de liberté poétique.

- Commencez par écrire des mots seuls, ceux que le sujet vous inspire spontanément, détachés les uns des autres, sans faire de phrase. Laissez-les émerger simplement, en étant détendu, sans chercher à travailler la forme.

- Puis, occupez l'espace de la page très librement : Quelques mots, un début de phrase, puis un retour à la ligne, quelques mots encore, au gré de vos envies et ressentis. Cette fragmentation en morceaux de ligne vous emmènera instantanément en "poésie libre", les constructions de phrases s'adapteront sous la forme que vous désirez atteindre (ici, 5/7/5) presque naturellement, sans votre volonté.

- Supprimer tous les mots, toutes les tournures inutiles, pour approcher la forme courte recherchée.

Contrainte de forme : Haïku (poésie libre, sans rimes, en 5/7/5 syllabes).

Contrainte de genre : Poésie autour de la neige et de tout ce qu'elle vous inspire (l'hiver, le froid, la montagne...), de prêt ou de loin.

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Textes soumis:
  • Haïkus (de froid) - par A-Nacht.
  • Haïkus pour flocons - par Leeloorocks.
  • Les mains rougissantes dans la chaleur vive - par plancton2000.

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