Textes - Ateliers

Texte du sujet: Animalité, sujet 1 : "Métamorphose"

Elle se dirige vers un saule pleureur. Sous le couvert de l’arbre, elle ôte ses vêtements et les range soigneusement. Elle inspire profondément, ferme les yeux et laisse son corps se couvrir de fourrure et se transformé. Sa transformation est fluide, cela lui a pris des années de pratique pour arrivée à un tel résultat. Les premières transformations ressemblent à des explosions. La plupart du temps les vêtements volent en éclat. Et une personne se trouvant trop près peu facilement se retrouver blesser. Soit par la pousser, soit à cause du métamorphe qui ne maitrise pas son corps dans les premières secondes. On a déjà vu des gens lourdement griffé ou écrasé. Après des années de pratique et de patience, les métamorphes apprennent à maitriser leurs élans et à contrôler leur transformation.

Texte du sujet: Chasse aux trésors, sujet 4 : "Chasse au trésor relationnel"

 

Anne-Marie, elle n’est pas très riche. Elle vit dans un petit appartement qui a vu grandir ses trois enfants : Marc, Dominique et Florence. Elle vit seule maintenant depuis que son mari l’a quitté il y a maintenant presque treize ans. Enfin seule, il y a bien Ocelot, ce chat obèse qui se dandine avec elle de pièce en pièce et miaule pour réclamer sa pitance. Anne-Marie le nourri un peu trop mais elle n’a que lui a s’occuper maintenant. Elle passe tous les étés dans sa maison en Bretagne, relique d’un temps passé de son enfance pendant la seconde guerre mondiale, puis de vacances passés avec ses enfants chez ses parents, enfin de vacances avec ses petits-enfants et son mari. Elle y va toujours en Bretagne. Elle y profite de ses deux plus jeunes petits enfants et de ses arrières petits-enfants.  Elle peut paraitre solitaire, Anne-Marie avec son énorme chat dans son petit appartement. Mais elle dine chez Dominique régulièrement, passe quelques jours chez Marc tous les mois et reçoit la visite de Florence et ses fils aux vacances scolaires.  

Texte du sujet: Chasse aux trésors, sujet 1 : "Chasse au trésor en enfance"

Le jour était clair et beau, montrait un ciel d’un magnifique bleu-clair sans qu’aucun nuage malveillant ne vienne tâcher l’ensemble. Le matin, les parents avaient passé près d’une heure à cacher dans le jardin une multitude d’œufs de toutes les couleurs, de toutes les formes et avec tous les emballages possibles et imaginables. Les adultes attendaient, un sourire bienveillant sur le visage, que les enfants se réveillent, qu’ils aillent dans le jardin en riant chercher les fameux œufs de Pâques. Les œufs, eux, n’attendaient plus que d’être trouvés et mangés dans la foulée.

 

Texte du sujet: Chasse aux trésors, sujet 2 : "Chasse au trésor naturel"

Embrasement.

Le ciel s’embrase. Rouges et bleus s’embrassent, se brassent, puis le bleu s’abrase, s’écrase, pour laisser place aux feux des cieux. En quelques minutes, les couleurs se mêlent, mues par l’essieu venteux.

Texte du sujet: Chasse aux trésors, sujet 2 : "Chasse au trésor naturel"

Ce trésor je l'ai découvert dans la ville qui m'a accueillie pour mes études. J'avais eu vent d'un jardin japonnais par une amie. Admiratrice de la culture asiatique, je m'étais mise en tête d'aller y faire un tour dés mon arrivée dans cette ville. Je savais à peu près où il était. Juste un changement de ligne de métro par rapport à celle qui passait par chez moi. Mais c'était pas excessivement loin.

Texte du sujet: Enfer, sujet 2 : "L'Enfer, c'est les autres"

Bruxelles, troisième appartement.

L'appartement est immense. Il fait 130m². Il y a une terrasse, un jardin, un salon immense, une cuisine toute équipée immense avec une hotte aspirante qui évacue à l'extérieur, une gigantesque baignoire, une douche et deux toilettes. De mon point de vue, c'est un putain de palais. Quand on l'a visité, on était tous les trois super excités à l'idée de venir vivre ici. On nous avait dit qu'une des dalles en bois de la terrasse devait être refixée avant qu'on emménage. Le petit détail qu'on te dit et auquel tu réponds "oui oui" sans faire gaffe parce que tu penses que ça n'a aucune importance.

Ils ont refixé la dalle en bois de la terrasse. Plus rien ne bouge, normalement, c'est de nouveau sans danger. On peut aller sur la terrasse, y installer des meubles d'extérieur, nos plantes. C'est super chouette. On envisage même d'installer un barbecue. D'ici quelques semaines, on sera en été, autant en profiter.

Le sol de la terrasse correspond au plafond d'une partie de la salle de bain. Ouais. Et si t'as pas encore compris pourquoi je précise, je vais te faire une révélation. Les ouvriers du proprio sont des putain de bras cassés. Ils ont percé dans l'étanchéité du sol. Dès qu'il pleut, l'eau s'infiltre dans le sol, l'eau s'infiltre dans le plafond de cette partie de la salle de bain. Et tu sais ce qui se passe quand y'a des infiltrations ? Le plafond, les murs, tout moisit.

Bien sûr, on ne l'a pas vu tout de suite parce qu'il arrive quand même qu'en Belgique, il se passe plusieurs semaines sans qu'il ne pleuve. Je sais que ça casse le mythe mais c'est pourtant vrai. Puis le fin fond de la salle de bain, je t'avoue qu'on y va pas souvent. On y va une fois par semaine pour faire la lessive. Du coup, non, on n'a pas vu tout de suite que lorsqu'il pleut dehors, le plafond se gorge de flotte et qu'il pleut légèrement dans cette partie de la salle de bain. Quand on l'a remarqué, on a remarqué aussi que dans le coin d'un mur, il y avait des tâches grises et des auréoles jaunes. Donc on a fait des photos qu'on a envoyées au proprio.

"J'envoie des ouvriers pour repeindre dans la semaine"

What ? Pour repeindre ? Mais tu crois pas qu'il faudrait s'occuper de l'étanchéité d'abord ? Non parce que repeindre, c'est mignon mais si tu règles pas la cause du problème, le problème va revenir. D'autant qu'en vrai le problème c'est pas que ça soit tâché, le problème c'est que la salle de bain est en train de prendre l'eau de toute part.

"Ah ouais. Bah je vais leur dire de regarder sous les dalles de la terrasse alors."

Ouais, fais donc ça.

Et à priori, il leur a dit de passer. Sauf qu'ils ne sont pas venus. On a dû rappeler plusieurs fois. On a dû envoyer des photos de l'évolution chromatique du plafond. Du jaune, c'est passé à l'orange, puis au rouge, puis au violet, puis au noir. Les auréoles se sont étendues. Les petites tâches grises étaient de plus en plus nombreuses, effaçant progressivement le blanc originel. À force de le harceler, le proprio est repassé et a proposé qu'on nettoie quotidiennement les tâches et les auréoles à l'eau de javel. "Quotidiennement". J'ai adoré. J'ai vraiment adoré que la perspective sur le long terme qu'il nous donne c'est de nettoyer quotidiennement les murs et le putain de plafond de la salle de bain pour "éviter que ça s'abîme davantage" au lieu de nous donner une date de passage de ses connards d'ouvriers.

On a attendu des semaines, des mois. L'odeur de champignons devenait de plus en plus insupportable. On a commencé à chercher un appartement. Porter plainte ? Ouais, on aurait pu. Faire intervenir quelqu'un pour déclarer l'appartement insalubre ? Oui, bien sûr, mais à quoi bon, on devait quand même vivre dedans le temps de trouver un autre appartement. Personne n'allait nous dire "ok, c'est insalubre, on vous prête un endroit où vivre en attendant". Donc on a cherché un nouvel appartement, continué d'envoyer des belles photos au proprio en lui rappelant que si l'un d'entre nous développait une maladie respiratoire, ça allait mal se mettre. Lui a continué de nous dire qu'il fallait qu'on nettoie si on voulait pas avoir de problème en attendant qu'il envoie des gens pour repeindre. Putain, le plafond a commencé à gondoler quand on a trouvé notre appartement suivant.

On s'est barré. Le fils du proprio, précédent locataire du palais, a voulu nous facturer des trucs. On a dit "lol". Il a insisté. On a appelé son père. Le père nous a dit de laisser pisser et nous a demander si les ouvriers pouvaient venir réparer le sol de la terrasse et s'occuper du plafond de la salle de bain le jour où on a déménagé. Hashtag gros foutage de gueule.

Originellement écrit en 2015

Texte du sujet: Rencontres, sujet 2 : "Rencontre marquante"

 

Mon mari, le tolère tout juste. Peut-être en est-il jaloux ? Mais lui, depuis qu’il est dans ma vie, c’est comme avoir du chocolat sans les kilos.

Mais commençons par le commencement, il y a eu une première rencontre très désagréable, avec elle. Elle, c’est celle qui a pris le contrôle de mon corps sans me demander mon avis. C’est celle qui à fait de moi, une vieille avant l’heure et un cobaye pour les médecins. Ça fait maintenant, six ans que je cohabite avec elle. Nous avons des hauts et des bas, qui impacte mon entourage et ma vie sociale. Et j’avoue que parfois j’aurais tendance à baisser les bras et attendre que ça se passe allonger dans mon lit. Mais avec Trois enfants, une maison à tenir et un mari qui bosse beaucoup, j’ai pas trop le temps de me laisser aller. Même si parfois je craque et que mon mari est adorable et prend le relais régulièrement, il ne peut malheureusement rien contre la douleur. Cette douleur que je traine plus ou moins forte depuis des années. Cette douleur qui est devenue une banalité, une compagne de mon quotidien. Les médicaments bien entendu aident à contenir la douleur. Mais parfois c’est très juste et pour l’anxiété les médicaments sont vite inutiles.

Puis une photo sur internet, un gros forcing sur mon mari avec une excuse bidon, et je rencontrais celui qui serais mon nouvel aide soignant. D’abord trop fou et mal élevé, il a fini par s’adapter à sa nouvelle vie parmi nous. Il a commencer par montrer une grande complicité avec mon fils, qui me faisait chaud au cœur et rire aussi. Même si ils ont tendance à faire les bêtises en duo. Il supporte son autoritaire compagne qui partageait déjà notre vie et qui en le voyant arrivé a trouvé un subordonné idéale en plus d’un compagnon de jeu. Mon Mari a fini par le toléré même si il lui arrive encore de l’accusé de tous les maux. Il terrorise ma belle-mère juste par son apparence ce qui me fait marrer intérieurement.

Mais la plus grosse surprise, ça a été de découvrir, sa capacité énorme d’empathie et son potentiel anti-stress. Chaque fois que j’ai mal, que je suis anxieuse, que je suis déprimée, il est la pour moi. Il vient pose sa grosse tête sur mes genoux, me regarde de ses doux yeux miels. Puis il pose une patte puis deux pour arriver à quatre. Je passe ma main dans son pelage, et joue avec ses oreilles couleur chocolat, ce chocolat qui ne fait pas grossir. Je passe ce temps avec lui et j’oublie la douleur, l’anxiété et la déprime. Souvent alors que j’ai envie d’abandonner, il me regarde assis a coté de la porte promesse d’une promenade aussi bonne pour lui que pour moi.

Alors oui je lui passe les conneries et les coup de folie, certains diront que c’est parce qu’il a pas eu une vie facile avant. Peut-être. Mais c’est surtout parce qu’il rend la mienne plus facile. mon Hobo, mon favori, mon médicament sur patte. il n'y a pas un jour ou je regrette de l'avoir adopté.

Texte du sujet: Enfer, sujet 4 : "Voyage en Enfer"

L'enfer, tu sais, il ne se trouve jamais bien loin.

Tu ne me crois pas ?

Ferme les yeux.

Quand ta vie se traîne.

C'est noir, je sais, mais ça ne va pas durer.

Quand t’as de la peine

Il y a des petits morceaux de lumière, non, ce ne sont pas des flammes, rien à voir.

Quand personne t’aime

Littéralement : rien à voir.

Que t’as des problèmes

Ecoute encore.

Quand la vie est dure

D'abord, tu ne distingues que quelques notes, quelques mots, ce serait presque joli tu ne crois pas ?

Plus d’une aventure

Non, évidemment que tu ne le crois pas, t'as l'air malin, tu sais, à te parler à toi-même...

Rien que des blessures

Tu voudrais bien que ça s'arrête n'est-ce pas ?

Vilaine figure

Tu essayes d'ouvrir les yeux mais ils sont comme collés...

Ne pleure pas

Tu ne sais pas très bien où tu es.

Ne t’en fais pas

Tu ne comprends pas ce qu'il se passe.

Regarde-moi

Tu ne peux pas TE regarder...

Et n’oublie pas

Tu ne peux pas non plus oublier, ça tourne en boucle dans ta tête...

Le petit bonhomme en mousse

Le truc c'est que ça ne s'arrête pas, tu voulais savoir ce que c'était que l'enfer tu te souviens ?

Qui s’élance et rate le plongeoir

Non, y'a pas de bouton pause, non ça ne s'arrêtera pas.

C’est comme la chanson douce

Tu dis que t'as du mal à penser ?

Que chantait ta maman le soir

Tu voudrais t'en aller ?

La petite, petite marionnette

Non, tu peux pas t'en aller.

Qui s’étale et qui s’entête

Oui, ça va durer.

C’est l’enfance qui revient

Une éternité.

Le soir où tu as du chagrin

Et puis une autre éternité, encore...

 

L'enfer, tu sais, il ne se trouve jamais bien loin, il est juste entre tes deux oreilles...

 

Et quand il pète il troue son slip...

Avec en-enfer.fr*

Nous allons vous faire voir l’enfer comme vous ne l’avez jamais vu. Rejoignez la communauté en-enfer.fr* et libérez-vous de vos priorités. Oubliez vos complexes et apprenez à déculpabiliser. La mort est belle, n’en doutez pas !

Texte du sujet: Enfer, sujet 1 : "L'Enfer, de Dante"

J'entends un chien aboyer. Enfin, non, il n'aboie pas, il grogne. Oui c'est ça il grogne. Il renifle, il cherche et il grogne.

 

C'est bizarre, je ne sais plus comment ni pourquoi je suis arrivée là. Je ne me souviens pas d'un avant. Enfin…si, je me souviens que j'aime bien manger. J'ai toujours aimé manger. J'ai toujours été gourmande. J'ai eu très tôt l'amour des bonnes choses ; toute petite, ma mère m'emmenait au restaurant une fois par semaine pour me faire découvrir la "Cuisine, avec un grand C", comme elle disait. De celle qui déplace les foules. De celle qui rassemble les hommes. De celle qui rend heureux. Et moi, la bouffe, ça m'a toujours rendue heureuse.