La ville, c'est aussi des sons. Du bruit. De la "pollution sonore", même, dit-on aujourd'hui. Bruit des voitures, bruit des chantiers, conversations au coin des cafés, bruits de la fête et du monde de la nuit. Bruit du vent, aussi. De la pluie. Du poste de télévision du voisin...

 

"J'entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.

Une cloche et une branle à l'église St-Pierre.

Cris des baigneurs. Plus près ! Plus loin ! Non, par ici !

Non, par là ! Les oiseaux gazouillent, Jeanne aussi.

Georges l'appelle. Chant des coqs. Une truelle

Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.

Grincement d'une faux qui coupe le gazon.

Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.

Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.

Musique militaire arrivant par bouffées.

Brouhaha sur le quai. Voix françaises. Merci.

Bonjour. Adieu. Sans doute il est tard, car voici

Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.

Vacarme des marteaux lointains dans une forge.

L'eau clapote. On entend haleter un steamer.

Une mouche entre. Souffle immense de la mer."

 

- Victor Hugo, "À Guernesey", dans "L'art d'être grand-père".

 

 À la manière de Victor Hugo, la fenêtre ouverte et les yeux fermés, écoutez et raconter le monde qui rentre jusqu'à vous. Votre voyage sonore, vos pensées qui vagabondent, et la vie, là, dehors.

Contrainte de formes : Poésie, en prose ou en vers.

 

 

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