Texte du sujet: Animalité, sujet 3 : "Bestialité"

On l'avait toujours prévenue des dangers du bush. Les soaks, ces sables mouvants garantissant un aller sans retour vers une mort lente. Les animaux revenus à l'état sauvage dans cette région de l'ile Down Under où le temps semblait s'être figé. Les arbustes desséchés par un soleil meurtrier, l'air suffoquant par cette chaleur homicide.

Qu'importait, notre héroïne Maria s'était armée d'un 4x4 bien solide pour traverser cette région, d'une réserve d'eau et s'essence, de nourriture, d'un portable chargé à fond et de deux batteries nomades. Elle s'était enregistrée au poste de police avant de commencer son périple dans l'outback. Elle y resterait que deux jours avant d'arriver dans un lieu avec de la civilisation.

Elle s'était autorisée une petite pause après trois heures de route dans le sable et la poussière. Son short en jean lui collait à la peau pendant qu'elle se posait tranquillement sous une toile de tente comprise avec son véhicule. On arrêtait définitivement pas le progrès. Le progrès au milieu de ces lieux préhistoriques.

 

Soudain, un bruit de craquement se fit entendre pendant qu'elle vidait une première bouteille d'eau glacée, son poste chantant « Who can it be now » du groupe local Men At Work, avec ce même solo de saxophone entrainant. Son regard scanna les environs tel un rapace, mais elle se sentait comme une proie. Seule, personne ne l'entendrait crier en cas de problèmes.D'un geste lent elle reboucha sa bouteille et recula doucement vers sa portière. Son regard passait les environs au peigne fin, à la recherche de l'animal qui l'avait prise pour cible. Pire sensation que de se sentait comme une proie, impuissante...

 

Sauf que le danger arrivait de derrière elle. Deux bras forts l'entourèrent et une force colossale la souleva de terre. Elle poussa un grand cri de terreur et de surprise et fut projetée à terre, tombant ainsi sur le ventre. Quel animal de l'outback pouvait faire ça ? Quel animal avait la force et la poigne d'un gorille ?

Elle voulu se relever à quatre pattes pour s'enfuir mais une poigne de fer l'agrippa par son haut blanc fin, le déchirant presque et la fit partir vers sa portière. Elle se retourna vivement, le sable collant à ses vêtements et à sa peau poisseuse.

Etait-ce un humain ? Un animal ? Une silhouette de gorille avec une odeur forte de...de bête, une puanteur animale. La seule présence d'une sorte de pantalon déchiré était une preuve que cet animal bipède appartenait à la race humaine. Deux jambes la tenaient par la taille en étau avec la force d'une mâchoire de crocodile. La bête grognait comme un sanglier, bandait comme un cheval, voulait la violer comme un dauphin.

Il essayait de lui ôter son short mais elle luttait, lui repoussait les mains en hurlant. Le lutte d'un bichon face à un berger australien sauvage.

D'un coup, elle se souvint de...mais oui !

 

Elle abandonna sa lutte et tendit sa main vers son siège. Se concentrant à tendre sa main pendant qu'elle sentait le bouton de son vêtement sauter. Trop occuper à vouloir assouvir son envie primaire, il ne vit pas sa proie prendre une hache et lui asséna un violent coup dans la tempe du coté du marteau. La peur lui avait décuplé ses forces.

Il tomba sur le coté, la liberant de son etreinte de boa constrictor.. Se relevant, la peur et l'instinct de survie lui firent oublier toute barrière sociale. Brisant durant quelques minutes 25 ans de conditionnement et d'éducation sur comment être une vraie femme. Devenant à son tour aussi sauvage que n'importe quel animal de l'outback.

Sa hache fermement tenue dans ses mains, elle s'approcha de lui d'un pas décidé et frappa du coté tranchant. De chasseur primitif, son agresseur était devenu sa victime. Il se mit un premier coup dans l'épaule, sectionnant une première veine et l'articulation. Il hurla. Un cri semblable à celui d'un cochon sauvage d'Australie. Une des bêtes les plus laides du coin. Un deuxième coup lui coupa les cervicales. Manquant de totalement le décapiter. Le sang giclait et coulait sur le sable brûlant du bush. L'odeur animale allait justement pas tarder à en attirer. Un ultime coup fut porté à la carotide et le sang gicla en une petite fontaine.

 

Reprenant un peu ses esprits, Maria se recula... Son arme toujours à la main. De cette bête sauvage à l'odeur bestiale s'écoulait un sang foncé qui courrait sur le sable.

Rapidement, elle jeta sa hache dans son 4x4, plia le camp, démarra et roula à toute berzingue. Laissant le cadavre aux prochains charognards qui se feraient un plaisir de nettoyer les lieux.

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